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Camion-citerne transportant une substance inflammable sur une autoroute, sous un ciel nuageux.

La loi, et après?

Combien de fois avons-nous déjà observé un camion contenant des marchandises dangereuses effectuer des manœuvres périlleuses sur nos routes?

Le Maroc s'est bien doté d'une loi TMD, mais en l'absence de décrets d'application le secteur est en proie à l'anarchie. Notre pays accuse un retard considérable en matière de transport routier de marchandises dangereuses.

C'est ce qui ressort d'une conférence organisée le 19 février dernier à Casablanca autour de ce segment crucial qui représente, selon M. Hadi, président de l'Association marocaine des transports routiers internationaux (AMTRI), 1/1000 des imports nationaux. "Aucun chauffeur marocain ne dispose d'un certificat ADR, obligatoire pour transporter des marchandises dangereuses.

"Aucun organisme ne délivre ces cartes dans le pays"

déplore Jamal Hadi

"Cela signifie que nos chauffeurs ne peuvent pas circuler entre le Maroc et l'Europe et que seuls des transporteurs européens sont habilités à le faire".

Cela fait treize ans que le Maroc a adhéré aux 48 pays ayant ratifié l'accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (ADR). Adoptée le 2 juin 2011, la loi 30-05 dite TMD qui réglemente ce secteur attend toujours son décret d'application.

En attendant, Mohamed Talal, président de la Fédération nationale du transport routier (FNRT), propose que "les entreprises adhèrent à une démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises, ndir) et fassent elles-mêmes l'effort de se conformer à la loi.

Mais doit- on vraiment sen remettre au bon vouloir des entreprises concernant un sujet aussi délicat? Celà ne relève-t-il pas de l'utopie? Driss Herrati du cabinet Avenir formation, organisateur de l'événement, se veut optimiste. Il assure qu'un projet de formation des chauffeurs et des exploitants est à l'étude en partenariat avec l'Association française pour la prévention dans les transports d'hydrocarbures (APTH).

Son président Jean-Paul Millereau en profite pour présenter le centre technique du Creusot leader européen en matière de formation des - conducteurs et du personne exploitant, à travers un site de 22 hectares comprenant une piste de 4 kilomètres des postes de chargement et de livraisor de liquides et d'hydrocarbures, de pentes, ronds-points et des plateaux de manœuvre.

Sur le terrain, la réalité pourrait être autrement plus contraignante. Plusieurs participants craignent, par exemple, que la barrière de la langue empêche les chauffeurs d'être dûment formés à l'ADR.

Rassurant, Khalid Cherkaoui, directeur de la stratégie au ministère du transport, indique que le manuel est en cours de traduction en arabe.

Autres difficultés abordées durant la rencontre, une mise à niveau des équipements de transport et des lieux de stockage qui tarde à venir, l'absence d'un système de labellisation des stations de nettoyage et de dégazage (Les transporteurs étrangers rechignent à laver leurs citernes au Maroc et préfèrent les embarquer non nettoyées), des emballages, des documents non conformes et non contrôlés, une gestion des déchets dangereuse quasi-inexistante, etc.

On l'aura compris, le chantier est colossal et nécessitera de longues années de mise à niveau.Le Maroc devrait, sans tarder, saisir cette opportunité et faire de la TMD un levier de croissance. "L'arsenal juridique sera prêt dans deux ans", promet le représentant du ministère du transport.